Alexis Tricoire : la végétale attitude

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Du design d’une lampe d’intérieur à des installations grandeur nature, le designer Alexis Tricoire ne jure désormais plus que pas un matériau : le végétal. Diplomé de l’ENSAD en 1994, il crée son agence Tricoire Design dès 1996. C’est lors de sa collaboration avec Patrick Blanc lors de l’exposition « Folies végétales » en 2006 à l’Espace Fondation EDF, que le végétal est devenu sa matière de prédilection. Depuis, il a été happé par la « vague verte » et les projets de mise en scène de nature poussent dans tous les sens. Rencontre avec le designer sous un tipi végétal, son dernier projet, pour nous parler de son travail.

 

Son outil : la liane végétale

Lors du dernier salon Jardins, Jardin qui s’est tenu aux Tuileries du 3 au 6 juin, il a présenté son « Tipi Harmonie », réalisé en collaboration avec Jardins de Gally pensé comme un hommage aux Amérindiens. Comme un clin d’œil à une civilisation qui vivait en harmonie avec la nature. Le parc du Château de Versailles accueille jusqu’au 26 septembre une exposition intitulée Exubérance baroque présentant un parcours d’installations végétales de 5 à 10 mètres glorifiant la nature.

Ces deux réalisations ont été conçues en utilisant son outil de végétalisation de base : la liane végétale composée de liège recyclé et qui sert de support aux plantes. « La liane est devenue un des mes outils phares et de nombreuses architectures très différentes peuvent en découler . C’est comme une lettre qui permettrait de créer plusieurs alphabets », explique le designer.

 

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Le goût pour une matière vivante

Un luminaire « Babylone » étudié comme un micro-écosystème, un coussin d’extérieur végétal permettant de respirer l’herbe fraiche tout en confort, un prototype de table-cueillette qui offre en son centre un espace potager où poussent basilic et autre persil… Le designer aime travailler sur ce matériau vivant. « J’adore le côté évolutif de la plante, on est dans la vie. Quelque part, je crois que la plante aujourd’hui peut jouer le rôle d’un animal domestique et notamment pour les urbains qui manquent de nature. Il y a une relation affective entre l’homme et la plante », explique-t-il. Le pendant de cette matière vivante : la nécessité de « maîtriser » le végétal qui a besoin d’eau et de lumière. « Il faut faire cohabiter ces deux éléments de manière artificielle, s’ajoute à cela, la difficulté de la logistique. Transporter du vivant est plus compliqué. Il y a une technicité particulière », ajoute le designer.

 

Donner du sens

Pour lui, ce n’est pas la fonctionnalité de l’objet qui prime mais bien la dimension onirique et symbolique. Par ces nouvelles propositions hybrides, mi-plantes mi-objet, Alexis aspire à sensibiliser les gens à une prise de conscience du respect de l’environnement. « Ma démarche va au delà de la volonté de créer de nouveaux objets, c’est à dire que je cherche à ce qu’ils soient de plus en plus économes en matière et en énergie ». Une attitude qui passe par la valorisation d’une mise en œuvre éco-responsable : utiliser le moins de matière possible, exploiter des matériaux recyclés et recyclables (liège, plastique, détournements de matériaux), fabriquer des objets entièrement démontables, limiter le collage, favoriser les nouvelles sources d’éclairage comme les leds. Son ambition de designer: apporter du bien-être… durable

Déborah est une journaliste multimédia, aussi à l'aise avec le web et le print que la vidéo. Ses domaines de prédilection couvrent la ville de demain, les modes de vies durables, l'économie sociale et solidaire et l'écologie au sens large.

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