Mot pour mot : résilience

Mot pour mot : résilience

Est-ce la raison pour laquelle on le trouve avec une fréquence accrue dans les publications spécialisées et les médias ? Le terme de résilience trouve en effet une application dans de nombreux domaines. Ce mot à l’origine latine est utilisé en physique, en psychologie et dans le champ de l’écologie. Son étymologie provient du verbe latin «resilire », littéralement « sauter en arrière », d’où l’acception actuelle évoquant l’idée d’un saut, d’un rebond face à un choc.

En physique, la résilience est à l’origine la capacité d’un matériau soumis à un impact à retrouver son état initial. En psychologie, l’objet n’est plus le matériau mais l’humain. La résilience est alors la capacité pour un individu affecté par un traumatisme de se reconstruire après avoir « encaissé » le choc. Le neuropsychiatre français Boris Cyrulnik s’est particulièrement intéressé à cette notion et la définit comme étant « la capacité à se développer quand même, dans des environnements qui auraient dû être délabrants ». Il s’agit par exemple de la capacité d’une personne à aller de l’avant dans le cas d’un drame, d’une histoire familiale traumatisante ou d’un choc émotionnel.

Dans les années 1970, un nouveau champ d’application apparaît : La résilience écologique. C.S Holling (1973)*, écologiste canadien qui fut l’un des concepteurs de « l’économie écologique » a défini la résilience comme la capacité d’un système à pouvoir intégrer dans son fonctionnement une perturbation, sans pour autant changer de structure qualitative. Autrement dit, il s’agit de la capacité d’un écosystème, d’un habitat ou d’une espèce à retrouver un fonctionnement dit « normal » après avoir subi une perturbation écologique importante : désertification, déforestation, tsunami, crise climatique, etc. Selon des études scientifiques, plus la biodiversité de l’écosystème est riche, plus la résilience est facile à se mettre en place…Et le contexte actuel de changement climatique, menaçant nos écosystèmes par des modifications parfois brutales, explique notamment pourquoi les initiatives visant à favoriser la diversité des approvisionnements en alimentation ou en énergie, trouvent ces dernières années un regain d’intérêt.

L’illustration la plus pertinente est sans contexte le mouvement des villes en transition. Depuis le milieu des années 2000, les « transitionneurs » issus du mouvement de Rob Hopkins invitent à passer « de la dépendance au pétrole à la résilience locale» et à créer une société capable de prendre en compte le pic pétrolier, les changements climatiques et la crise financière en relocalisant l’économie pour réduire notre dépendance au pétrole. Encore faut-il être en mesure d’anticiper les changements à venir, pour mieux s’y préparer…

* « Resilience and stability of ecological systems ». in: Annual Review of Ecology and Systematics. (1973)

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