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A la veille des présidentielles, l’association négaWatt dévoile son nouveau scénario

dans Actualités/Habitat/La ville active/La ville habitable écrit par

« La meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas. » Tel est le credo de l’association négaWatt, qui présentait la semaine dernière la troisième réactualisation de son scénario éponyme pour la période 2017-2050. Compte-rendu.

Depuis 2003 l’association négaWatt publie régulièrement un scénario prospectif de transition énergétique pour la France afin de réduire d’un facteur 4 nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et de se défaire de notre dépendance aux énergies fossiles et fissiles à l’horizon 2050.

Cette démarche pensée par des experts et praticiens de l’énergie, bénévoles de l’association, se fonde sur 3 leviers. Premier d’entre eux : la sobriété énergétique, qui envisage comment moins gaspiller alors que nous sommes en état d’ébriété permanente. Il s’agit aussi de viser l’efficacité énergétique, pour produire plus d’énergie avec une même quantité de ressources. Enfin, le scénario envisage le remplacement des énergies fossiles et fissiles (nucléaire) par des énergies renouvelables. Les choix retenus sont toujours réalistes et font abstraction des ruptures technologiques ou des solutions techniques non matures.

Diviser par deux la consommation d’énergie finale

Dévoilé la semaine dernière, le nouveau scénario NégaWatt permet de diviser par deux la consommation d’énergie finale de la France tout en maintenant un haut niveau de service avec une couverture totale des besoins énergétiques par des énergies renouvelables.

Le secteur résidentiel-tertiaire y est bien entendu étudié avec intérêt : il représente 40% de la consommation d’énergie finale en France. En terme de sobriété, l’association préconise la maîtrise des surfaces occupées. Le contexte y est propice, puisqu’on note déjà une légère diminution des surfaces unitaires et une baisse sensible de la proportion des maisons individuelles dans le logement neuf. Le scénario projette également une stabilisation de la surface moyenne de logement par occupant au niveau actuel de 42 M2 par personne. La dynamique de décohabitation actuelle, même si elle s’infléchit, doit être stoppée, en encourageant par exemple la colocation.

La rénovation du parc existant, principal levier du scénario négaWatt

La construction de logements neufs à forte performance énergétique ne peut constituer qu’une petite partie de la réponse, car le taux de renouvellement urbain est faible et elle consomme beaucoup d’énergie grise. C’est donc la rénovation thermique qui constitue le levier principal du scénario négaWatt. Son objectif en la matière : le traitement complet du parc existant d’ici 2050. Ce programme de rénovation a par ailleurs des conséquences économiques intéressantes puisqu’il pourrait déboucher d’ici 2050 sur la création de 600 000 emplois. Il préconise notamment le remplacement des convecteurs électriques par des pompes à chaleur, qui assureront la production d’eau chaude et de chauffage des logements.

Ce scénario est reconnu comme sérieux, riche et complexe. Reste à trouver l’énergie créatrice pour le faire adopter par les politiques et les citoyens. A cet égard, le fait qu’il ait été dévoilé juste avant l’élection présidentielle ne doit rien au hasard : de même que les précédents scénarios avait guidé la puissance publique (notamment lors des débats précédant l’élaboration de la loi de transition énergétique), celui-ci a vocation à inspirer les candidats. En la matière, la mise en place d’un programme ambitieux façon NégaWatt dépendra largement de l’issue du scrutin…

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