C’est désormais une habitude : chaque rencontre sportive internationale affiche sa volonté de préserver l’environnement. La coupe du monde de football, qui commence aujourd’hui en Afrique du Sud, n’échappe évidemment pas à la règle. Démonstration.

 

La Fifa l’a annoncé le 8 juin via un communiqué de presse : la coupe du monde 2010 sera verte. Forte d’un partenariat passé avec le PNUE (programme des nations unies pour l’environnement), le FEM (fonds pour l’environnement mondial) et le département de l’environnement sud-africain, la fédération énumère les mesures prises pour limiter le bilan écologique de l’événement. Parmi elles, le choix de l’énergie solaire pour alimenter certains panneaux d’affichage et feux de signalisation des villes organisatrices, la compensation des émissions de gaz à effet de serre et la distribution à 100 000 spectateurs d’un « passeport vert » contenant conseils et informations relatifs au développement durable.

Bien avant cette annonce, le stade Moses Mabhida de Durban avait déjà attiré l’attention pour ses performances écologiques. En partie construit à partir de matériaux recyclés, ce bâtiment a misé sur la ventilation et la lumière naturelles pour réduire ses consommations d’énergie. Economie prévisionnelle : 30 %. Par ailleurs, un système de récupération des eaux de pluie a été mis en œuvre.

Côté sponsors, on s’engage là aussi à parer de vert la manifestation. Ainsi, Nike essaie de faire oublier les sweatshops en habillant les joueurs de certaines équipes (dont le Brésil et les Pays-bas) de maillots conçus à partir de bouteille en plastique recyclé. Une initiative qui a permis de collecter 13 000 bouteilles dans les décharges asiatiques, et de réaliser une économie de 30% par rapport à la fabrication d’un maillot classique.

Aussi louables soient-elles, ces initiatives ne suffiront pas pour autant à faire de la coupe du monde un événement vert. Le département sud-africain de l’environnement estime ainsi à 2,8 millions de tonnes d’équivalent CO2 les rejets occasionnés par l’événement dans l’atmosphère. Sans compter l’énergie nécessaire pour faire fonctionner les téléviseurs des 93 millions de spectateurs attendus…