Villes rêvées, villes réelles, villes fantasmées et villes dessinées... entre l'univers de la bande dessinée et l'architecture, un dénominateur commun : la planche de dessin. Des affinités sensibles existent entre ces deux domaines : rêver et réaliser la vision urbaine. L'exposition « Archi &BD, la ville dessinée » met en lumière les relations entre le « 9e art » et la ville, illustrant la fascination qu'elle a toujours exercée sur les dessinateurs. Une attirance réciproque puisque l'évènement donne à voir comment, à l'inverse, l'architecture s'est emparée de ce mode de représentation. Quelque 350 œuvres sont présentées à la Cité de l'architecture de Paris jusqu'au 28 novembre.

 

Un parcours chronologique sur un siècle

Trois grandes villes (New York, Paris Tokyo) sont au cœur de cette correspondance entre les deux disciplines. New York en premier lieu : L'exposition débute avec Winsor McCay et son personnage « Little Nemo » dont l'œuvre témoigne de cette attraction pour la ville. Suivent les supers-héros des Comics comme Batman ou Superman qui habitent des villes imaginaires, mégalopoles à l'architecture grandiose.

Dans les années 1970-1980, des villes sous l'eau, des villes suspendues, des villes en l'air ou des villes mobiles sont imaginées par des architectes comme Archigram ou Yona Friedman. Des dessinateurs comme Enki Bilal ou François Schuiten proposent des mégalopoles terriennes à l'architecture transcendée...

L'exposition se termine par les « Regards croisés » où l'on découvre notamment une belle concrétisation du mariage des deux disciplines : le Musée Hergé signé Christian de Portzamparc et Joost Swarte qui a ouvert ses portes en 2009 en Belgique, et offre le seul exemple de cette envergure d'un musée dédié à un auteur de bande dessinée.

 

Redonner ses lettres de noblesse à la bande dessinée

Pour Francis Rambert, l'un des commissaires de l'exposition, « la bande dessinée comme l'architecture sont le reflet de la société. Le propos de l'exposition n'est pas tant d'analyser les typologies architecturales récupérées, voire détournées, par les auteurs de bande dessinée, mais de donner à voir comment la ville est traitée dans les planches et autres albums illustrées ».

Architectes et dessinateurs s'affirment ainsi comme des décrypteurs de la ville en devenir. Par le bais de cette exposition, l'ambition est également de redonner ses lettres de noblesse à la bande dessinée. « Lors de grands rendez-vous artistiques ou culturels, la bande dessinée était régulièrement absente, considérée comme anecdotique ou réduite à un simple savoir-faire artisanal. Cette époque est révolue », souligne Jean-marc Thévenet, autre commissaire de l'exposition.

© SIAF / Cité de l'Architecture et du Patrimoine / Archives d’architecture du XXème siècle



Informations pratiques :

Archi&BD - la ville dessinée - Jusqu'au 28 novembre 2010

Cité de l'architecture et du patrimoine - Palais de Chaillot

1 place du Trocadéro 75016 Paris

Plein tarif : 8€ - tarif réduit : 5€ (gratuit pour les moins de 12ans)

Ouverture tous les jours de 11h à 19h sauf le mardi.

Nocturne le jeudi jusqu'à 21h.

 

Renseignements : www.citechaillot.fr