Mettre en question la politique du tout-voiture en transformant une place de parking en aire de rencontre et de jeu : c’est le propos PARK(ing) Day. Les 17 et 18, ce happening mondial invite les citadins à une reconquête festive et créative de l’espace public.
En anglais, trois lettres seulement séparent le mot « parc » du mot « parking ». De quoi souffler une idée au collectif américain Rebar : celle de transformer les places de stationnement qui phagocytent l’espace urbain en lieux de convivialité. En 2005, ce groupe constitué d’artistes, d’urbanistes et d’activistes lançait donc PARK(ing) Day à San Francisco. A la frontière entre art et action directe non violente, l’événement invitait quiconque à « louer » une place de parking pour la transformer l’espace d’une journée en « zone d’autonomie temporaire ». Sur le bitume, plantes, aires de jeux, bancs ou gazon synthétique sont ainsi venus grignoter en toute légalité l’espace habituellement dévolu à la voiture. La démarche se veut tactique. Dans le droit-fil de Michel de Certeau, elle se présente comme « un ensemble de révisions modestes et temporaires de l’espace urbain, amorçant un changement structurel de l’environnement. » (voir le Manifeste de Park(ing)Day) Autrement dit : quand la signalétique (ce marquage du pouvoir) consacre l’omniprésence de la voiture, PARK(ing) Day invite quiconque à une reconquête discrète et ponctuelle de la chaussée, histoire de fracturer l’idéologie sociale de la bagnole en préfigurant ce que pourrait être une ville sans voitures…
Revendiquant l’humour et la poésie comme leurs maîtres-mots, les membres de Rebar héritent d’une lignée qui court des situationnistes à Reclaim the Streets ! en passant par les Diggers. Ils envisagent la ville comme l’objet incessant d’une âpre négociation territoriale, mais aussi comme le lieu d’une reconfiguration permanente : contre l’empire de la marchandise, ils prônent l’échange et la générosité (l’événement se veut « open source »), contre la monotonie des carrosseries de voitures, la créativité des installations imaginées par les citadins, contre l’annexion de l’espace public par quelques-uns, son appropriation par tous...
Aussi PARK(ing) Day a-t-il fait école. Reconduit chaque année depuis 5 ans, il est désormais un happening international : cette année, 140 pays y participent. En France, c’est la plateforme transdisciplinaire Dédale qui relaie l’événement. Sous sa houlette, jardiniers guérilleros, artistes et activistes vont mettre diversement en pratique le mot d’ordre de PARK(ing) Day : « Citoyens, la ville vous appartient ! »
PARK(ing) day à Paris :
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