Slow food, slow fashion, slow design, slow cities et même le slow sex, l'éloge de la lenteur est une tendance qui se développe progressivement dans de nombreux domaines avec en dénominateur commun, le refus d'un mode de vie ultra rapide et du consumérisme à outrance.
Les slow cities, les villes où il fait bon vivre
A l'origine, il y a le Slow Food, un mouvement fondé en 1989 qui milite pour le «manger bon, propre et juste», pour défendre respect de l'environnement alimentation de qualité, et dynamisme des communautés locales et ainsi s'opposer à la « fast food ». Dix ans plus tard, l’initiative « Slow city » ou cittaslow est apparue dans le nord de l’Italie lorsque les habitants d’une petite bourgade viennent à refuser l’installation d’un McDo. Un point de départ pour un mouvement global qui souhaite promouvoir une certaine qualité de vie et qui depuis, fleurit un peu partout dans le monde. Actuellement, près de 140 villes dans une vingtaine de pays ont rejoint le mouvement. En France, c'est une petite commune de 2300 habitants connue comme la capitale de la Grande Champagne, vignoble 1er cru du cognac, qui la première a été reconnue « cittaslow » en mai 2010. Elle est actuellement la seule commune française a voir reçu ce label. L'ambition affichée est bien de « re-prendre le temps » en proposant un mode de vie alternatif qui privilégie la multiplication des espaces verts, le commerce de proximité ainsi que la mise en place d'initiatives fortes en matière d'environnement : plan de réduction de pesticides, encouragement du tri des déchets, compostage et recyclage.
Près de 70 recommandations reparties sur 6 chapitres différents dressent les mesures à mettre en place pour rejoindre le mouvement. « Le slow city, c'est une multitude de petites choses qui améliorent le quotidien et cela repose autant sur la volonté des élus que des habitants et des nombreuses associations qui font vivre la ville. Le moteur, c'est le bien vivre », explique Jean-Luc Montembault du Convivium de Segonzac en Grande Champagne. Et l'homme de souligner : « même si certains habitants de la ville estiment que ce label ne sert à rien, cela donne une ligne directrice forte, permet des échanges d'expériences partout dans le monde et surtout de faire prendre conscience à la population de leur qualité de vie ».
Le slow travel et autres manifestations du slow mouvement
Dans aucune autre déclinaison du mouvement slow n'existe une structuration globale et organisée comme avec le slow food ou cittaslow, qui n'ont d'ailleurs pas vocation à les réunir sous leur label. « Le « slow travel » va commencer à se rapprocher de cittaslow notamment via le slow food. Une labellisation est en cours pour reconnaître et rassembler sous cette appellation des restaurants qui utiliseraient des produits du terroir», ajoute Jean-Luc Montembault. Toutefois, le slow travel ne dispose aujourd'hui d'aucune définition officielle. A Segonzac, on l'envisage comme la possibilité de rencontrer les gens « du coin » et de s'autoriser à prendre son temps. Pas question pour la commune de tomber dans le tourisme de masse, on ne visite pas une distillerie de Cognac par cars entiers de touristes. Le slow mouvement se décline également dans d'autres domaines comme la mode ou le design. Le slow design, mouvement à l'initiative de Alastair Fuad-Luke, universitaire anglais, est apparu en 2003 avec pour objectif d'encourager les designers à concevoir des objets slow face à l’invasion d’objets déco standardisés. La slow fashion met à l'honneur savoir-faire traditionnel, éditions limitées, éthique et proximité avec des producteurs locaux. Il existe encore d'autres branches slow comme la slow music, la slow school ou le slow sex (une pratique sans doute inconnue des éjaculateurs précoces) qui fait l'éloge de la lenteur des ébats amoureux en suggérant de prendre le temps, d'écouter son partenaire et d'oublier la recherche de « performance »...
Un mouvement diffus et composite, parfois trop vite rattaché à l'engouement actuel pour l'écologie. « Attention aux amalgames et de ne pas attribuer trop vite toute la mouvance slow avec le mouvement écologique. Pour nous, le volet environnemental n'est qu'un des aspects de la ville slow, par exemple, on ne fait pas l'apologie de la décroissance», conclue Jean-Luc Montembault .
En savoir plus : www.cittaslow.org
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