Il existe en Europe plus de 2500 espèces d’abeilles différentes (20 000 dans le monde), mais une seule d’entre elles sait produire du miel à grande échelle : l’abeille domestique. Cette dernière se niche dans les 1,4 millions de ruches françaises et produit chaque année plus de 15 000 tonnes de miel. Mais au-delà de la production de ce nectar, ce sont toutes ces espèces d’abeilles qui sont à l’origine de la majorité (80 %) de la pollinisation des plantes à fleurs. Car l’autopollinisation passive (transfert par gravité ou contact direct entre l’organe mâle de la fleur appelée anthère qui produit et renferme le pollen et le stigmate, partie qui surmonte l’ovaire de la fleur) et le vent sont loin de suffire à la reproduction des plantes. "Les abeilles sont des catalyseurs de biodiversité, explique Bernard Vaissière, chercheur à l'INRA et responsable de l’unité "Abeille Environnement" présent avec son équipe au Salon de l’Agriculture 2010. Elles ont cette particularité de posséder des poils branchus, qui leur permettent de transporter des grains de pollens en quantité très importante. Dans le cas de l’agriculture, cette reproduction va donc permettre la production de graines et de fruits".
Un tiers de la production mondiale de nourriture dépendante des abeilles
Codirecteur d’une étude franco-allemande sur l'apport des insectes pollinisateurs aux principales cultures mondiales en 2005, Bernard Vaissière estime dans ce dernier que « la majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses et protéagineuses, de fruits à coques, d’épices et de stimulants (café, cacao) bénéficient de l’activité pollinisatrice des animaux, alors qu'un quart des cultures n’en dépendent pas du tout. » Le rapport ajoute que « 35% de la production mondiale de nourriture résulte de la production de cultures dépendant des pollinisateurs, 60% provient de cultures qui ne dépendent pas des pollinisateurs (principalement les céréales comme le blé, le maïs et le riz) et 5% provient de cultures pour lesquelles l’impact des pollinisateurs est encore inconnu. » Certaines plantes sont même totalement dépendantes des pollinisateurs pour leur production de fruits et de graines. C’est le cas de la vanille, des courges, des potirons, des melons, des pastèques, des fruits de la passion ou encore des noix du Brésil et de macadamia. D’autre part, les abeilles sont également à l’origine de l’évolution des nombreuses espèces végétales. Elles déposent sur les stigmates du pollen viable de plusieurs espèces acquis lors de plusieurs voyages successifs ou dans la colonie, contribuant ainsi aux croisements des espèces florales et à la création de nouvelles plantes. Si les abeilles font le bonheur des 7 000 apiculteurs professionnels français, elles jouent donc un rôle essentiel dans la préservation et le développement de la biodiversité de la planète.
L’abeille sentinelle de l’environnement / Henri Clément / Septembre 2009 Le monde des abeilles / Pierre Maréchal / Mai 2008
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