Toitures et murs végétalisés sont taxés de nombreux avantages et connaissent actuellement un fort engouement. Esthétiques, acteurs de la biodiversité, « climatiseurs » naturels, ces systèmes comblent également des besoins de nature en milieu urbain. État des lieux des bénéfices de cette folie végétalisante.


Un rôle dans la biodiversité

Au-delà des aspects esthétiques et de confort d'usage, les systèmes de végétalisation comportent d'autres avantages. Les toitures remplissent tout d'abord un rôle de « couvert végétal », de « tampon » grâce aux plantes et au substrat (sol spécifique pour la culture hors-sol). Elles permettent ainsi de mieux maitriser les eaux pluviales en favorisant le ralentissement de l'écoulement des eaux. En ville, ce rôle peut s'avérer non négligeable en fonction du nombre de surfaces perméables.

Selon le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), certains systèmes de toitures de 6 à 10 cm peuvent retenir en moyenne jusqu'à 50% des précipitations annuelles qui restent sur le toit. Elles apportent également des « services » liés à la biodiversité. « Les toitures végétalisées jouent un rôle dans la biodiversité en apportant plus de diversité végétale. Certains de nos systèmes (mixtes) permettent la présence de plantes horticoles cultivées ainsi qu'une végétation indigène (originaire du milieu) », explique Pierre Darmet, Chef de produits Innovations végétales chez Jardins de Gally.

 

Crédit photo : Jardin de Gally / Cité de l'architecture et du patrimoine


Des recherches en cours sur la contribution thermique

Pour le CSTB, « les toitures classiques représentent en moyenne 30 % des déperditions de chaleur d'un bâtiment. La toiture végétalisée extensive permet de pallier le déficit. Elle constitue une stratégie bioclimatique idéale en associant sur le même toit protection solaire, inertie thermique et isolation acoustique.» Les plantes par l'évaporation rejettent de la vapeur d'eau dans l'air et ainsi le rafraichissent. « En moyenne, on constate entre 15 et 20 degrés de différences entre une toiture de bitume nu et une toiture végétalisée mais il manque des données scientifiques », souligne Christophe Boutavent, Ingénieur chez Jardins de Gally.

Actuellement, le CSTB travaille sur une étude pour apporter des données scientifiques à la réelle régulation thermique permise par ces systèmes de végétalisation. « Alors que les toitures végétalisées ont 40 ans, on commence seulement à se poser la question et à s'intéresser à ces questions. On sait que c'est un isolant naturel mais il manque la quantification scientifique. De même, on ne sait pas encore qui est plus efficace du mur ou du toit végétalisé », ajoute Christophe Boutavent.

Pour Pierre Darmet: « La difficulté réside notamment dans le fait que le couvert végétal n'intervient pas seul dans la protection thermique : les couches de substrat et de drainage, variables selon les systèmes utilisés, ont également un impact. »